Troubles de l’éjaculation : les identifier et les solutionner

Les problèmes de sexualité chez l’homme sont très fréquents et touchent une grande partie de la population masculine. Outre la panne sexuelle, le priapisme, l’anorgasmie et la baisse de libido, 4 à 10 % des hommes sont confrontés à un problème d’éjaculation.

Les troubles d’éjaculation constituent donc un cas majeur qui trouve la plupart du temps ses origines dans des causes d’ordre varié. Quels sont les différents problèmes d’éjaculation ? Leurs causes ? Le cas le plus fréquent et les solutions à envisager ?

Le phénomène de l’éjaculation

Sur le plan neurologique, l’éjaculation est un réflexe qui se manifeste comme un point de non-retour « point d’inévitabilité éjaculatoire » provoqué par les stimulations répétitives du pénis lors s’un acte sexuel. Physiologiquement, l’éjaculation s’accomplit en deux phases intimement liées.

Au premier abord, le sperme est conduit dans la base de l’urètre suite à la contraction des canaux déférents des vésicules séminales et de la prostate. Ensuite, il est expulsé par le méat urétral sous l’action des muscles situés autour de la verge et de l’anus.

De façon générale, l’éjaculation s’accompagne de plaisir intense et maximal ressenti au niveau de l’organe génital, du bassin ainsi que dans le cerveau : l’orgasme.

Problèmes d’éjaculations : quelles sont les causes possibles ?

Les problèmes d’éjaculation touchent une grande majorité des hommes. Il s’agit entre autres d’érection faible, d’éjaculation sans orgasme, d’éjaculation douloureuse ou d’éjaculation tardive.

Les causes de ces différents troubles sexuels sont d’ordre divers et varient d’un individu à un autre. De façon générale, elles sont soit physiques ou psychologiques, dues à une pathologie ou à une prise de médicaments. Il est donc nécessaire de consulter un médecin qualifié pour avoir un diagnostic précis.

1. Les troubles de l’érection

Une faible érection est l’incapacité à maintenir assez fort une érection durant un rapport sexuel jusqu’à l’éjaculation. Ce trouble devient inquiétant lorsqu’il dure plus de deux mois à chaque coït. L’âge est souvent considéré comme un facteur important pouvant être à la base de la faiblesse érectile.

Par ailleurs, une perturbation de la circulation sanguine dans les veines du pénis peut en être également la cause. Entre autres, le diabète, les troubles cardiovasculaires, les troubles hormonaux, la toxicomanie, la dépression, les problèmes émotionnels sont autant de causes pouvant être à l’origine de ce trouble. Selon le cas, ce trouble peut être traité par des médicaments. Il faut donc consulter le plus tôt.

2. L’anéjaculation

Malgré une érection liée à une réaction d’excitation sexuelle, il peut arriver que certains hommes n’éjaculent pas du tout. Cette absence totale d’émission de sperme s’accompagne le plus souvent d’absence d’orgasme. Les causes de ce problème sont principalement psychogènes.

On note aussi des causes mécaniques liées à des pathologies et à l’âge. Selon la dose prescrite, certains médicaments peuvent également bloquer l’éjaculation. Pour soigner ce problème, il faut contacter un sexologue pour suivre un traitement comportemental et cognitif.

3. L’orgasme sans éjaculation

Certains hommes ont un orgasme sans éjaculation. Certaines pathologies et des prises médicamenteuses peuvent l’expliquer. Si en même temps il n’y a ni orgasme ni éjaculation, il faut plutôt se pencher sur des problèmes de libido. Dans ce cas, il va falloir penser à une prise en charge de sexothérapie ou autre.

4. L’éjaculation retardée

Ce trouble est caractérisé par une difficulté récurrente à éjaculer malgré une excitation normale. Concrètement, l’homme éprouve des difficultés à arriver à l’éjaculation dans plus de 50 % des rapports sexuels qu’il entretient. Ce problème d’éjaculation est parfois dû à la prise de certains médicaments, à l’alcool, à l’âge, à la sensibilité du gland ou à des causes psychologiques.

5. L’éjaculation faible

On considère qu’une éjaculation est faible lorsque la quantité de sperme expulsée est inférieure à 1,5 ml. Ce problème peut être dû à l’âge ou provoqué par un temps d’abstinence court entre deux relations sexuelles. Il peut être aussi un signe avant-coureur de troubles sexuels sous-jacents.

6. L’éjaculation douloureuse

La cause d’une éjaculation douloureuse ne peut être identifiée que par un médecin en fonction de plusieurs facteurs. Fréquemment, ce trouble est occasionné par une hypertrophie de la prostate, une prostatectomie radicale ou une obstruction des canaux éjaculateurs.

7. L’hémospermie ou la présence de sang dans le sperme

Ce trouble est parfois le reflet d’une maladie bénigne, infectieuse ou inflammatoire. S’il est occasionnel, un examen pour écarter toute pathologie doit être pratiqué. Dans le cas contraire, il faudra alors rechercher les causes cachées (kystes, tumeurs, varices de l’urètre, coup, choc…).

8. L’éjaculation rétrograde

Elle se détermine par un reflux du sperme dans la vessie lors de la phase d’expulsion, mais la sensation de l’orgasme est toujours ou peu présente. Parfois, la présence de sperme dans les urines permet de confirmer qu’il s’agit bien de ce trouble.

Zoom sur l’éjaculation précoce : la plus fréquente

L’éjaculation précoce est un trouble sexuel qui touche un homme sur trois. Cette dysfonction éjaculatoire qui s’accompagne la plupart du temps d’une souffrance personnelle trouve son origine dans de nombreuses causes. Fort heureusement, des solutions existent pour prolonger le plaisir.

Qu’est-ce que l’éjaculation précoce ?

Une éjaculation est dite précoce quand elle survient involontairement avant ou dans les deux minutes après la pénétration vaginale. Un individu est considéré comme éjaculateur prématuré lorsque cette situation survient à chaque rapport sexuel de manière incontrôlable. En effet, l’éjaculation précoce découle de l’incapacité à gérer son excitation. En d’autres termes, la personne concernée atteint rapidement l’orgasme et n’arrive plus à se contrôler.

On identifie généralement deux types d’éjaculations précoces. Elle est primaire si elle a toujours été présente chez l’individu dès ses premières expériences sexuelles, et secondaire quand elle apparaît après une période de sexualité normale.

Les causes de l’éjaculation précoce

Les causes physiques sont très rares, mais ne doivent pas pour autant être écartées. Parfois, il s’agit pour certains hommes d’avoir un prépuce trop court ou une hypersensibilité du gland. Pour d’autres, cela est peut-être dû à une inflammation de l’urètre entre autres. La plupart du temps, il faut une intervention chirurgicale ou suivre un traitement médicamenteux.

D’un autre côté, l’anxiété de performance et le stress sont souvent considérés comme étant les premières causes de l’éjaculation précoce secondaire. Un homme qui a des rapports sexuels peu fréquents et espacés de plusieurs semaines peut également en souffrir. Par ailleurs, des conflits au sein du couple peuvent parfois être à l’origine de difficultés à contrôler l’excitation et provoquer l’éjaculation précoce.

Les conséquences de l’éjaculation précoce

L’éjaculation précoce peut entrainer un manque de confiance en soi chez l’homme et un mal-être permanent. Au-delà de l’insatisfaction personnelle, le patient voit sa virilité prendre un coup.

Il ressent donc de la honte, se sent rabaissé et devient anxieux. Cette situation peut également engendrer une incompréhension et des tensions au sein du couple, car la femme peut se sentir frustrée. D’autres se sentent même coupables de cette situation, ce qui peut donc nuire à l’épanouissement du couple.

Traitement de l’éjaculation précoce

Pour en sortir, il faut dans un premier temps instaurer la communication en se confiant à sa partenaire, à un psychologue ou à un sexologue. Cela permet de réduire le stress et l’anxiété que l’on ressent. Ensuite, s’engager dans une sexothérapie si nécessaire afin d’apprendre à maîtriser son éjaculation est conseillé. Des exercices de rééducation sexuelle seront très certainement préconisés. En parallèle, le médecin peut également proposer des solutions médicamenteuses connues pour leur capacité à retarder l’éjaculation.